vendredi 9 mars 2012

CHEMINER INTÉRIEUREMENT TOUT EN PARCOURANT SA TERRE

PÈLERINAGE "DES CHEMINS QUI MARCHENT"  2012 - RÉGION DE LA LIÈVRE
Gatineau, le 24 février 2012 – La deuxième édition du pèlerinage Des chemins qui marchent se tiendra du 27 mai au 2 juin 2012, le long de la rivière La Lièvre. Il ne s’agit pas d’un pèlerinage linéaire, tel celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, mais d’un modèle en rayonnement. En effet, les pèlerins sont amenés chaque matin par autobus de Masson-Angers vers le point de départ du segment à parcourir ce jour-là et ramenés le soir. Buckingham, Val-des-Monts (Perkins et Poltimore), Saint-Pierre-de-Wakefield, Bowman, Val-des-Bois, Notre-Dame-de-la-Salette et le centre Champboisé à l’Ange-Gardien seront autant de points de départs et d’arrivée ou de jalons de l’itinéraire. Le tout représentera quelque 140 kilomètres.


On a choisi, comme lieu de départ quotidien de la navette, l’église Notre-Dame-des-Neiges dans le secteur Masson-Anger puisqu’elle est à la fois à proximité de l’autoroute 50 et du traversier en provenance d’Ottawa. Cet emplacement permet aussi d’offrir de nombreuses places de stationnement gratuit. Un service d’aide à l’hébergement est offert aux pèlerins de l’extérieur de la région.


Les Chemins qui marchent est une « trilogie » de pèlerinages le long des trois principales rivières de l’Archidiocèse de Gatineau: la Petite-nation (2011), la Lièvre (2012) et la Gatineau (2013). En 2013, année du 50e anniversaire de l’Archidiocèse, les pèlerins en auront donc parcouru la terre.


L’an dernier, le pèlerinage le long de la Petite-Nation a permis à un total de 250 participants, dont 105 ont marché les 160 kilomètres de l’itinéraire, de passer par 15 paroisses et églises. On comptait 141 personnes de la région de l’Outaouais et 64 du reste du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.


Au-delà du crescendo vers le 50e anniversaire, le but du pèlerinage est de permettre aux participants de vivre une expérience d’intériorité au cours d’une marche dans la nature ainsi qu’un moment de fraternité et de partage entre les pèlerins et avec les personnes rencontrées en cours de route. Le programme comprend des activités communes de ressourcement, qui sont facultatives afin de respecter la démarche spirituelle de chacun.


Enfin, le pèlerinage favorise la rencontre et la découverte de la diversité et de la créativité des personnes et des communautés de croyants(es) qui vivent sur le territoire de l’Archidiocèse.


Pour vous inscrire ou obtenir plus d’information sur le pèlerinage, rendez-vous sur le site web de l’Archidiocèse de Gatineau au http://diocesegatineau.org/fr/, vous y trouverez facilement un lien vers le sous-site prévu à cet effet. Vous y aurez accès notamment au dépliant d’information et au formulaire d’inscription.


Information :
François Miville-Deschênes
Responsable des communications
Archidiocèse de Gatineau
819-771-8391, poste 251
Cell. : 819-210-9299


FICHE TECHNIQUE


Étapes quotidiennes du pèlerinage (Les cartes respectives sont affichées sur le blogue)


Dimanche 27 mai 2012
Trajet : Masson – Buckingham (Saint-Grégoire-de-Nazianze - Our Lady of Victory) - Masson. 17 km.


Lundi 28 mai 2012
Trajet : Buckingham (Saint-Grégoire-de-Nazianze) – Perkins (Val-des-Monts). 21, 8 km.


Mardi 29 mai 2012
Trajet : Perkins (Val-des-Monts) – Saint-Pierre-de-Wakefield (Val-des-Monts), 19, 4 km.


Mercredi 30 mai 2012
Trajet : Poltimore (Val-des-Monts) – Bowman – Val-des-Bois. 21, 5 km.


Jeudi 31 mai 2012
Trajet : Notre-Dame-de-la-Salette - Lac de l'Argile - Notre-Dame-de-la-Salette. 21, 8 km.


Vendredi 1 juin 2012
Trajet : L’Ange-Gardien – Mayo – Champboisé. 21, 5 km.


Samedi 2 juin 2012
Trajet : Champboisé (L’Ange-Gardien) – Buckingham – Angers. 18, 6 km.


Point de départ et d’arrivée de la navette
Église Notre-Dame-des-Neiges, 3, rue Donat-Saint-Amour, Gatineau, Québec J8M 1B6


Aide à l’hébergement
Noëlla Carrière à CQM2012gite@hotmail.fr

lundi 27 février 2012

Une marche interconfessionnelle pour rapprocher les religions à Gatineau

Des représentants de différentes religions se sont rencontrés dimanche midi pour marcher dans les rues du secteur de Hull. Ils voulaient ainsi démontrer leur appui à la communauté musulmane dont la mosquée a été victime de vandalisme le mois dernier.

En tout, près d'une soixantaine de personnes se sont réunies. Les représentants religieux, dont l'Imam de Gatineau, menaient la marche. Les participants ont marché de la cathédrale St-Joseph jusqu'à la mosquée de Gatineau.


L'événement a été organisé dans le cadre de la Semaine mondiale de l'harmonie interconfessionnelle décrétée par l'Organisation des Nations unies. Les citoyens de Gatineau en ont profité pour manifester sa solidarité à la communauté musulmane.


En janvier, des vitres de la mosquée de Gatineau ont été fracassées et des graffitis haineux y ont été peints. En tout, la mosquée a été vandalisée à quatre reprises au cours des derniers mois. L'enquête policière pour retrouver le suspect est toujours en cours.


L'Imam de Gatineau a reçu des messages de partout au pays en appui à sa communauté religieuse. Il a tenu à participer à la marche organisée par le comité interconfessionnel de Gatineau.


« Cette marche prouve que ces actes ne reflètent vraiment pas les valeurs de la société, celles de respect et de vivre ensemble. » — imam Ahmed Limame de la mosquée de Gatineau


Plusieurs musulmans ont aussi décidé de participer à la marche, question de tisser des liens avec leurs concitoyens. Les participants ont rappelé que malgré leurs différentes croyances, toutes les religions désirent envoyer un message de paix et de tolérance.


http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2012/02/26/001-marche-religion-gatineau.shtml


dimanche 8 janvier 2012

Osons voir plus loin!

Suivre des traces dans la neige
Osons voir plus loin!


Vos décorations de Noël sont-elles déjà rangées au grenier? Le dimanche de l’Épiphanie vient contester notre hâte à cacher les traces de la fête de Noël. Plusieurs réflexions décapantes peuvent surgir de cette fête de la «Noël des nations». Par exemple, les mages, des savants étrangers, se montrent plus clairvoyants que les leaders intellectuels ou politiques du peuple juif. C’est le monde à l’envers. Ceux qui entourent le roi Hérode et qui devraient savoir sont des ignorants. Les étrangers importés sont porteurs d’une certitude qui annonce un heureux bouleversement. Ces faits mis en scène dans l’évangile nous invitent à rester attentifs. Dieu offre en permanence la nouveauté de son action en faveur du monde entier!


Cette offre contredit les apparences. La plupart d’entre nous tiennent pour acquis que nous sommes la dernière génération de croyants en ce pays. Mais l’étoile des mages qui brille bien haut invite à lever les yeux plus haut que l’horizon du terrible quotidien. La quête de l’Enfant-roi par les mages et leur astuce pour éviter le piège tendu par le roi Hérode nous invitent à plus de clairvoyance. Nous jugeons irrévocables les déclarations des médias au sujet de la fin de notre foi et de notre religion? Nous nous rangeons alors du côté des notables de Jérusalem qui déclarent n’avoir rien à dire quant à l’avenir…


La tension politique inscrite dans l’évangile renvoie aux réalités de notre vie d’aujourd’hui. La fête de l’Épiphanie offre un antidote à la morosité. Elle nous invite à élargir notre champ de vision à l’exemple des mages. L’horizon est plus large que nous pensons. Le Cardinal A. Vanhoye résume l’enjeu dans son livre Le pain quotidien de la parole (1996) : «La lumière de la foi est une lumière mystérieuse : c'est une étoile dans le ciel, dit l'évangile, mais c'est une étoile qui indique un lieu précis sur la terre.»


Or, en ces lieux précis où nous essayons d’enraciner au quotidien notre foi, nous avons l’impression de vivre une fin du monde. D’être les derniers croyants. Qui seront nos mages étrangers? Qui nous confirmera que nous avons raison de vénérer celui en qui nous avons cru chaque fois que nous avons posé des gestes d’espérance ou de charité?


Des mages nous visitent pour nous réconforter. Surprise : ce sont des statisticiens! Des spécialistes de l’évolution des populations chrétiennes du monde entier affirment qu’à l’horizon de 2050, la foi en Jésus sera toujours présente dans notre monde. Aujourd’hui comme en 1900, les chrétiens forment le tiers de la population mondiale. Le nombre de chrétiens a quadruplé. Et il sera de trois milliards en 2050. Ce chiffre traduira la croissance du christianisme en Amérique du Sud, et surtout en Afrique. Entre 1900 et 2050, les chrétiens d’Amérique du Nord passeront de 79 à 333 millions. Une multiplication par 4,2. Mais en Afrique, la population chrétienne passera de 10 à 1000 millions (un milliard). Une multiplication par 100 de nos frères et sœurs dans la foi!


La fête de l’Épiphanie raconte comment des étrangers peuvent relancer la vie de foi. Célébrons la Noël des nations en osant regarder plus loin que les apparences qui semblent donner raison à nos prophètes de malheur. Comme les savants du roi Hérode, ils oublient peut-être de regarder le portrait d’ensemble!


Alain Faucher, prêtre

lundi 26 décembre 2011

"Chante et marche"

Comme vous le savez maintenant, ma devise épiscopale, « Chante et marche », est tirée d’une homélie pascale de saint Augustin. Ce grand évêque du quatrième siècle invite son peuple à chanter « Alleluia », sans oublier qu’il faut aussi marcher, c’est-à-dire, grandir en sainteté. Car si au ciel, on chante la gloire de Dieu au repos, il faut sur terre chanter sa gloire en cheminant, en s’efforçant d’avancer.

Ces mots de saint Augustin m’avaient interpellé lorsque, jeune séminariste, je les avais rencontrés pour une première fois. Comme je venais de compléter un programme d’études universitaires en chant classique, ces mots m’offraient comme un pont entre deux étapes importantes de ma vie : celle de jeune universitaire et celle de séminariste.

Ils ont pris encore plus de relief lorsque je suis devenu évêque, car ils me parlaient d’un nouveau pont, cette fois-ci entre la présidence liturgique qui chante la gloire de Dieu, et l’engagement de l’Église pour la mission, surtout auprès des plus petits et des plus pauvres. « Chante et marche » évoque pour moi ces deux mouvements essentiels qui rythment la vie de l’Église : mouvement de rassemblement pour écouter et célébrer les merveilles de Dieu dans la Parole et les sacrements; mouvement d’envoi pour aller porter la Bonne Nouvelle au monde, en parole et en acte.

Mais je dois avouer que cette devise devint encore plus parlante pour moi lorsque je suis allé marcher sur la route de Compostelle en juillet 2007. J’avais choisi de vivre cette expérience pour marquer mon 25e anniversaire de prêtrise et mon 10e anniversaire d’épiscopat. Pendant trente jours, j’ai couvert 750 kilomètres à pied, de Le-Puy-en-Velay à St-Jean-Pied-de-Port, traversant ainsi une bonne partie du sud de la France. Là, j’ai fait l’expérience physique de la marche avec tout ce que cela peut impliquer d’effort et de persévérance, de compagnonnage et d’introspection. Je vous partage une des mes nombreuses découvertes durant ce périple : on a plus de courage à reprendre la marche chaque matin si on garde en tête le but. L’avantage d’un pèlerinage, c’est que tout concourt à nous rappeler ce but : les signes routiers, les chants, les sculptures, le guide du pèlerin, les conversations, etc. Nous marchons vers Compostelle, c’est clair!

Malheureusement, tel n’est pas le cas dans la vie. Nous oublions facilement le but ultime de nos vies, ce qui devrait lui donner sens et direction. Il est facile de chanter et de marcher. Le défi, c’est de choisir le bon chant et de marcher dans la juste voie, celle que Jésus appelait « l’étroite ».

En ce temps de Fêtes, prenons le temps de nous rappeler le but de notre marche. Où allons-nous? Encore mieux, vers qui marchons nous? En nous le rappelant, la route deviendra plus belle, pleine d’espérance et de joie. C’est mon souhait pour chacun et chacune de vous !




Ultreya!

+ Mgr Paul-André Durocher
Archevêque de Gatineau

mercredi 23 novembre 2011

Journée nationale du souvenir des victimes de la route


Près de Saint-Sixte, Québec

Journée nationale du souvenir des victimes de la route


HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA ROUTE AU PARC DE LA GATINEAU (CHEMIN NOTCH)


À l’appui de la Journée nationale du souvenir des victimes de la route, le Diocèse de Gatineau a organisé une marche silencieuse et une prière au Parc de la Gatineau (Chemin Notch jonction Chemin de la Mine), le jeudi 24 novembre 2011.
• Lieu de rassemblement et début de la marche silencieuse (2 km):
Stationnement du Terrain de Pique-Nique d’Old-Chelsea, sur le chemin Kingsmere (Parc de la Gatineau)
• Endroit pour l’hommage aux victimes de la route:
Sur le Chemin Notch, après l’intersection Chemin de la Mine

Mot de présentation au point de départ

Cette année, le Canada tiendra la quatrième édition annuelle de la « Journée nationale du souvenir des victimes de la route » le 23 novembre. En 2005, l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté une résolution qui précise que la « Journée mondiale du souvenir des victimes de la route » sera commémorée annuellement le troisième dimanche de novembre.
Au Canada chaque année, près de 2 200 personnes meurent sur la route et 173 000 autres subissent des blessures connexes. Le Comité canadien pour la sécurité routière mondiale (CCSRM) a déterminé que ces pertes de vie tragiques et ces blessures graves subies par un si grand nombre de personnes doivent être soulignées dans le cadre d’une journée spéciale. Cette journée permet aux Canadiens de rendre hommage aux victimes et aux blessés de la route, ainsi qu’aux membres de leurs familles, à leurs amis et à leurs collègues. La Journée nationale du souvenir des victimes de la route au Canada vise à commémorer les personnes qui ont perdu la vie sur les routes canadiennes, souvent lors d'accident de la route évitables, et de se rapeler de leurs proches, qui ont été confrontés à leur départ soudain et inattendu.

Notre geste d’aujourd’hui est une occasion pour nous de rendre hommage aux victimes et d'exprimer notre soutien.

Chemin Notch

Réflexion partagée au point de départ
Dr Margaret Chan, Directeur général, Organisation mondiale de la santé (2007)

Sur les routes du monde entier, les accidents de la circulation font partie des événements de la vie courante. Les enfants et les jeunes adultes sont parmi les plus vulnérables. Chaque heure qui passe voit mourir quarante jeunes dans des accidents de la circulation. Perdre un enfant n’est jamais facile. Mais savoir qu’un enfant est mort dans un accident qui aurait pu être évité ajoute à la douleur et aux souffrances, et laisse aux familles et aux communautés des blessures qui mettront des décennies pour guérir. Les jeunes sont l’avenir des pays. Nous ne pouvons nous permettre de perdre nos jeunes dans des accidents de la route. Nous espérons aussi qu’il amènera de nouveaux jeunes adultes, en grand nombre, à conforter leurs pairs et leurs amis dans des décisions responsables au moment de prendre la route, et à en faire des militants de la sécurité routière.

La région de l’Outaouais a joué un rôle important dans l’histoire, comme un carrefour ancestral de rencontres et d’échanges, comme un site naturel de passage des missionnaires, des explorateurs et des voyageurs.

Nous croyons que le déplacement pourrait unir les personnes, faciliter le dialogue, donner lieu à des processus de socialisation et d’enrichissement personnel.La route, en plus d’être une voie de communication, devient aussi un lieu de vie avec ses aspects positifs (parmi lesquels une « occasion de se rapprocher de Dieu en facilitant la découverte des beautés de la création ») et négatifs (bruit, pollution atmosphérique, accidents de route, etc.). Nous pouvons affirmer que le voyage n’est pas seulement un déplacement physique, mais qu’il possède aussi une dimension spirituelle, liée aux personnes, contribuant à la réalisation du dessein d’amour de Dieu... Celui qui entreprend un voyage part toujours avec une Espérance, celle d’arriver à destination. « Pour les croyants, la raison de cette espérance réside dans la certitude que, dans le voyage vers un but, Dieu chemine avec l’homme et le préserve des dangers ». Cardinal Martino

Début de la marche silencieuse jusqu'a le lieu d'hommage (Chemin Notch) portant de chandelles ou un bâton.

À l'arrivée, on écrit des intentions de prière pour les victimes de la route de la région et on les dépose dans le canot de portage. On ramasse de la terre du lieu et on la dépose aussi dans le canot de portage.

Que nos routes deviennent « Des Chemins de rencontre »

Chemin Notch


Récitation ensemble de ce credo routier
+ Que la route soit pour moi un instrument de communion entre les personnes et non pas de dommage mortel.
+ Que la courtoisie, la correction et la prudence m'aident à surmonter les imprévus.
+ Que je sois charitable et aide mon prochain dans le besoin, en particulier s'il est victime d'un accident.
+ Que l'automobile ne soit pas pour moi une expression de pouvoir, de domination.
+ Que je sois charitable envers les jeunes - et ceux qui le sont moins aussi – en les dissuadant de se mettre au volant s'ils ne sont pas en condition de conduire.
+ Que j’aide les familles des victimes des accidents.
+ Que je fasse mon possible pour faire rencontrer au moment opportun la victime et l'automobiliste responsable de l'accident, afin qu'ils puissent vivre l'expérience libératrice du pardon.
+ Sur la route, que je protège toujours celui qui est le plus faible.
+ Que je sois conscient de ma responsabilité envers autrui.

Aujourd'hui on fait mémoire de


- Nicholas Guenette, 18 ans
- Marc-Étienne Fortin, 17 ans
Octobre 2011 (Chemin Notch)


- Anthony « Tony » McColl, 19 ans
Avril 2011 (Route 148 Luskville)


- Une conductrice de 25 ans d'Ottawa et un homme âgé de 40 ans de Gatineau
Juin 2011 (tout près de Pontiac)




... de la terre à portager
 

dimanche 23 octobre 2011

MARCHER NOTRE TERRE - LANCEMENT PASTORAL 2011-2012

Auteur: Matías Espinosa Palencia, f.m.s.
On dit marcher une terre, un bois, les parcourir en tous sens, afin d'en examiner l'état. Pour les connaisseurs, le sens le plus ancien de marcher est presser avec le pied, mettre le pied sur.


La mission aujourd’hui est le courage d’oser de nouvelles voies, face aux nouvelles conditions au sein desquelles l’Église est appelée à vivre l’annonce de l’Évangile. La nouvelle mission nous demande d’être capable de repartir, de dépasser les frontières, d’élargir les horizons. Cette mission est une attitude, un style audacieux.


 Il y a un chant qui exprime tout cela:


Tu es le Dieu des grands espaces
Et des larges horizons…
Tu es le Dieu des longues routes,
Des chemins vers l’infini


Un Dieu marcheur qui portage nos détresses
 

1-Tu es le Dieu qui dit :
« Va ! Quitte ton pays,
Tes idées mortes et tes vieux préjugés.
Ta vie va refleurir, n’aie pas peur de mourir
Laisse germer la Parole et la foi
Tu porteras des fruits de joie »


2-Tu es le Dieu qui dit :
« Je t’ouvrirai de vastes horizons,
Tu auras soif et faim
D’aller toujours plus loin
Vers ce pays qui t’appelle là-bas
Où tu pourrais vivre avec moi. »


3-Tu es le Dieu qui vient
Marcher sur nos chemins
Nous rencontrer et nous accompagner.
Lumière dans nos vies
Pour nous aider, la nuit,
A traverser la mort et le danger
Et nous ouvrir la liberté.


4-Tu nous dit :
« Lève-toi, je serai avec toi !
Je t’établis prophète des nations.
Pour être mon témoin,
Indiquer le chemin,
Je mets en toi ma force et mon esprit,
Comme un grand feu qui t’envahit. »


5-Tu nous as libérés
Des lois mortes et fermées
Des lourds fardeaux des docteurs de la loi.
Il n’y a qu’un péché
C’est de ne pas aimer.
Aimer ton Dieu en aimant ton prochain,
 Voici la loi et le chemin.

6-Tu es le vent violent
Qui nous pousse en avant
Vers le grand large, comme des grands voiliers.
Quand tu souffles en nos coeurs,
Tu bouscules nos peurs
Et nous quittons nos maisons bien fermées
Pour t'annoncer au monde entier. 
(Noël Colombier)


La Vallée de l'Outaouais vue dès le belvédère Champlain


lundi 26 septembre 2011

Jean de Brébeuf: marcheur, portageur et missionaire

Portage d'un canot

Se lever, porter et marcher

Au Canada, le 26 septembre c'est la fête des martyrs canadiens: Saints Jean DE BREBEUF, Isaac JOGUES, et leurs compagnons prêtres martyrs. Nous les avons choisi comme nos modèles pour cette nouvelle mission auprès des jeunes adultes.

 "Comme Dieu et comme Jésus, il faut penser aller à la rencontre des jeunes" (Mgr. Ébacher, évêque de Gatineau). Pour nous, cette invitation est sans doute un grand défi. Cela suppose de se mettre en marche, de dépasser nos conforts et de nous déplacer; laisser nos propres sécurités et oser affronter l'inconnu. Ce fut fréquemment la tradition depuis les origines. Une tradition qui nous interpelle et nous invite à l'audace.
Statue de Saint-Jean-de-Brébeuf (Parc Brébeuf Park)
Jean de Brébeuf a connu deux formes de voyage: la forme aisée, si l'on peut dire, sorte de voyage en première classe, illustrée par le voyage de 1626, et la forme difficile, misérable, épuisante, illustrée par celui de 1634. Dans sa Relation de 1635, Brébeuf distingue nettement ces deux formes et décrit avec soin les difficultés propres à chacune. 

"La première est celle des sauts et portages... : toutes les rivières de ce Pays en sont pleines". Il y a deux façons de franchir ces obstaclés naturels que sont les chutes et les rapides: porter ou traîner.

"Quand on approche de ces cheutes ou torrens, il faut mettre pied à terre, & porter au col à travers les bois, ou sur de hautes & fâcheuses roches, tous les pacquets et les canots mesmes. Cela ne se fait pas sans beaucoup de travail, car il y a des portages d'une, de deux & de trois lieues, joint qu'il faut en chacun faire plusieurs voyages, si on a tant soit peu de pacquets." (sic)
Texte extrait de René LATOURELLE, S.J.

Rivière des Outaouais / Ottawa River (Parc Brébeuf Park)
  La région de l’Outaouais a joué un rôle important dans l’histoire, comme un carrefour ancestral de rencontres et d’échanges, comme le site naturel de passage des missionnaires (St-Jean-de-Brébeuf), des explorateurs (Samuel de Champlain) et des voyageurs.
 

Monument aux portageurs et sentier historique (Parc Brébeuf Park)
 La ville de Gatineau partage l'histoire de toutes les régions que baigne la rivière des Outaouais, principale voie navigable sur la "Route de l'ouest". Les explorateurs, les missionnaires, les marchands de fourrures et les militaires des régimes français et anglais empruntent les sentiers de portage qui longent la rivière. Le long d'un de ces sentiers, celui du Deuxième portage de la Chaudière (ou "Portage du Milieu", situé dans le parc Brébeuf, se trouvent des marches de pierre grossièrement taillées à même le roc par les voyageurs. 
Rapides de la Chaudière
Le parc Brébeuf demeure aujourd'hui le seul endroit de l'Outaouais où on peut encore voir les traces de ces sentiers imprégnées dans le sol par des siècles de passages.

mardi 6 septembre 2011

DES LIEUX INÉDITS POUR LA MISSION: LA PLAZA, LA RUE, LES GRANDS RASSEMBLEMENTS



"Des carrefours et de forums destinés spécifiquement aux jeunes devraient être instaurés, puisque l'éducation de la foi de cette génération montante ne repose plus sur l'école qui ne peut de toute manière la garantir ou en porter seule la responsabilité...



Plus largement, il faut chercher des lieux de proximité ou de "relais communautaires" qui n'engagent pas trop, et qui permettent à bien des gens de faire les premiers pas. Sinon, des lieux institutionnels trop identifiés constituent des barrières pour certaines personnes qui sont encore sur le seuil et qui ne veulent pas trop vite entrer dans la communauté de peur d'être absorbées ou récupérés."

Et c'est dans ce contexte et avec ce souci que le Diocèse de Gatineau offre le service d'un relais jeunesse hors les murs où peuvent s'engager les premières rencontres et les premiers dialogues, spécialement avec ceux qui sont loin. Ce sont les nouveaux agoras d'aujourd'hui.


Miguel A. Sancha, f.m.s.
Responsable diocésain de la mission auprès des jeunes

jeudi 7 janvier 2010

EXPLICATION DU LOGO


Le logo du Relais « Au Chêne » mets en relief le riche symbolisme du chêne. Le chêne est l’arbre comme image du cosmos, comme l’axe du monde; c’est l’incarnation d’une force, d’une puissance divine; c’est l’arbre de la sagesse, l’arbre de l’illumination. Là où pousse le chêne, il y a toujours beaucoup de lumière pour tout ce qui vit autour.


Dans la Bible, on a trouvé un texte inspirateur : Le Seigneur apparut à Abraham au chêne de Mambrè alors qu’il était assis à l’entrée de la tente dans la pleine chaleur du jour. Il leva les yeux et aperçut trois hommes debout près de lui... (Genèse 18, 1-15).


Les autres symboles présents dans le logo sont également très riches en contenu : les silhouettes des Collines des Outaouais et de la Rivière des Outaouais placent le Relais « Au Chêne » dans son milieu naturel et culturel. Tout cela fait relation au rôle que la région de l’Outaouais a joué dans l’histoire, comme un carrefour ancestral de rencontres et d’échanges, comme le site naturel de passage des missionnaires (St-Jean-de-Brébeuf), des explorateurs (Samuel de Champlain) et des voyageurs en Outaouais.


La silhouette des trois violettes, trait caractéristique des Frères Maristes, exprime l’humilité, la simplicité et la modestie. C'est notre façon d'être et d'agir auprès des jeunes.

Auteur du logo: Matías Espinosa Palencia, f.m.s. (2009)

mercredi 6 janvier 2010

LE CHÊNE (poésie)




Voilà ce chêne solitaire
Dont le rocher s'est couronné,
Parlez à ce tronc séculaire,
Demandez comment il est né.

Un gland tombe de l'arbre et roule sur la terre,
L'aigle à la serre vide, en quittant les vallons,
S'en saisit en jouant et l'emporte à son aire
Pour aiguiser le bec de ses jeunes aiglons;
Bientôt du nid désert qu'emporte, la tempête
Il roule confondu dans les débris mouvants,
Et sur la roche nue un grain de sable arrête
Celui qui doit un jour rompre l'aile des vents;
L'été vient, l'Aquilon soulève
La poudre des sillons, qui pour lui n'est qu'un jeu,
Et sur le germe éteint où couve encor la sève
En laisse retomber un peu !
Le printemps de sa tiède ondée
L'arrose comme avec la main ;
Cette poussière est fécondée
Et la vie y circule enfin!

La vie ! à ce seul mot tout oeil, toute pensée,
S'inclinent confondus et n'osent pénétrer ;
Au seuil de l'Infini c'est la borne placée ;
Où la sage ignorance et l'audace insensée
Se rencontrent pour adorer !

Il vit, ce géant des collines !
Mais avant de paraître au jour,
Il se creuse avec ses racines
Des fondements comme une tour.
Il sait quelle lutte s'apprête,
Et qu'il doit contre la tempête
Chercher sous la terre un appui;
Il sait que l'ouragan sonore
L'attend au jour !.., ou, s'il l'ignore,
Quelqu'un du moins le sait pour lui !

Ainsi quand le jeune navire
Où s'élancent les matelots,
Avant d'affronter son empire,
Veut s'apprivoiser sur les flots,
Laissant filer son vaste câble,
Son ancre va chercher le sable
Jusqu'au fond des vallons mouvants,
Et sur ce fondement mobile
Il balance son mât fragile
Et dort au vain roulis des vents !

Il vit ! Le colosse superbe
Qui couvre un arpent tout entier
Dépasse à peine le brin d'herbe
Que le moucheron fait plier !
Mais sa feuille boit la rosée,
Sa racine fertilisée
Grossit comme une eau dans son cours,
Et dans son coeur qu'il fortifie
Circule un sang ivre de vie
Pour qui les siècles sont des jours !

Les sillons où les blés jaunissent
Sous les pas changeants des saisons,
Se dépouillent et se vêtissent
Comme un troupeau de ses toisons ;
Le fleuve naît, gronde et s'écoule,
La tour monte, vieillit, s'écroule ;
L'hiver effeuille le granit,
Des générations sans nombre
Vivent et meurent sous son ombre,
Et lui ? voyez ! il rajeunit !

Son tronc que l'écorce protège,
Fortifié par mille noeuds,
Pour porter sa feuille ou sa neige
S'élargit sur ses pieds noueux ;
Ses bras que le temps multiplie,
Comme un lutteur qui se replie
Pour mieux s'élancer en avant,
Jetant leurs coudes en arrière,
Se recourbent dans la carrière
Pour mieux porter le poids du vent !

Et son vaste et pesant feuillage,
Répandant la nuit alentour,
S'étend, comme un large nuage,
Entre la montagne et le jour ;
Comme de nocturnes fantômes,
Les vents résonnent dans ses dômes,
Les oiseaux y viennent dormir,
Et pour saluer la lumière
S'élèvent comme une poussière,
Si sa feuille vient à frémir!

La nef, dont le regard implore
Sur les mers un phare certain,
Le voit, tout noyé dans l'aurore,
Pyramider dans le lointain !
Le soir fait pencher sa grande ombre
Des flancs de la colline sombre
Jusqu'au pied des derniers coteaux.
Un seul des cheveux de sa tête
Abrite contre la tempête
Et le pasteur et les troupeaux !

Et pendant qu'au vent des collines
Il berce ses toits habités,
Des empires dans ses racines,
Sous son écorce des cités ;
Là, près des ruches des abeilles,
Arachné tisse ses merveilles,
Le serpent siffle, et la fourmi
Guide à des conquêtes de sables
Ses multitudes innombrables
Qu'écrase un lézard endormi !

Et ces torrents d'âme et de vie,
Et ce mystérieux sommeil,
Et cette sève rajeunie
Qui remonte avec le soleil ;
Cette intelligence divine
Qui pressent, calcule, devine
Et s'organise pour sa fin,
Et cette force qui renferme
Dans un gland le germe du germe
D'êtres sans nombres et sans fin !

Et ces mondes de créatures
Qui, naissant et vivant de lui,
Y puisent être et nourritures
Dans les siècles comme aujourd'hui;
Tout cela n'est qu'un gland fragile
Qui tombe sur le roc stérile
Du bec de l'aigle ou du vautour !
Ce n'est qu'une aride poussière
Que le vent sème en sa carrière
Et qu'échauffe un rayon du jour !

Et moi, je dis : Seigneur ! c'est toi seul, c'est ta force,
Ta sagesse et ta volonté,
Ta vie et ta fécondité,
Ta prévoyance et ta bonté !
Le ver trouve ton nom gravé sous son écorce,
Et mon oeil dans sa masse et son éternité !



Alphonse de Lamartine (1790-1869)